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Le commerce extérieur

Le commerce extérieur
Date de mise à jour : mars 2021

Près de 40 milliards d’euros d’échanges avec l’étranger en 2020

Le continent européen, premier partenaire commercial de la région

L’année 2020 restera comme une année totalement atypique aussi bien du point de vue sanitaire qu’économique. La pandémie de coronavirus a entravé la bonne marche du commerce mondial dès le début de 2020. En conséquence, ce dernier a reculé de plus de 9 % selon les estimations de l’OMC et il ne devrait retrouver son niveau d’avant-crise qu’en 2022.

En Pays de la Loire, importations et exportations sont en net recul par rapport à 2019. Pour autant, les équilibres semblent maintenus et il n’y a pas eu de bouleversement dans la hiérarchie des partenaires économiques de la région du côté des exportations comme des importations. Au final, en Pays de la Loire, les exportations chutent de 23 % et les importations de 18 %.

En France, sur la même période de 2020, les exportations se contractent de 16 % et les importations diminuent de 13 %.

En 2020, les exportations des Pays de la Loire se montent à plus de 16,7 milliards d’euros, soit 4,0 % des exportations françaises. Cette part est nettement inférieure au poids de la région en France au regard des nombres d’habitants (5,8 %), d’emplois (5,9 %) ou de la richesse produite (5,1 % du PIB national). Entre 2016 et 2018, la part des exportations ligériennes dans le total des exportations françaises avaient nettement progressé, passant de 4,1 à 4,6 % et les Pays de la Loire avait gagné deux places au classement des régions exportatrices. Ces efforts ont été anéantis par la crise liée au coronavirus du fait de ses lourdes répercussions sur l’aéronautique, un des principaux moteurs de l’économie régionale. En 2020, les exportations de ce secteur chutent de 68 %.

Ainsi, les Pays de la Loire pourraient voir à nouveau leur poids dans les exportations nationales progresser dès que ce secteur aura retrouvé son niveau d’avant-crise. La région se positionne désormais au 11e rang national.

Les Pays de la Loire comptent près de 5 100 entreprises, ayant leur siège en région, présentes à l’export. Près de la moitié des exportations ligériennes (48 %) sont ainsi réalisées par des entreprises dont le siège se trouve en Pays de la Loire. L’Allemagne, les États-Unis et l’Espagne sont les principales destinations des produits ligériens.

Les flux commerciaux en Pays de la Loire
en 2020

Montant
millions €
Exportations16 734
Importations23 015
Solde commercial-6 281
Source : Douanes

Les importations s’élèvent à 23 milliards d’euros. Comme dans la plupart des régions portuaires, le solde commercial est déficitaire : 6 milliards d’euros en 2020. Les importations des Pays de la Loire sont en effet largement corrélées à l’activité du grand Port de Nantes Saint-Nazaire, de la raffinerie Total et de la centrale de production électrique de Cordemais. Le solde commercial des Pays de la Loire est par conséquent très dépendant des importations de produits d’extraction énergétiques. Selon les années, en fonction de l’activité de la raffinerie de Donges, du prix du pétrole et de la parité euro-dollar, le montant de ce poste fluctue fortement.

Le solde commercial est de surcroît très sensible au plan de charge des Chantiers de l’Atlantique, la vente d’un seul paquebot pouvant dépasser le milliard d’euros. De plus, l’ouverture en mai 2018 de la ligne transocéanique Milk Run Atlantic qui permet le transport de colis aéronautiques d’Airbus entre les sites de Montoir-de-Bretagne et de Mobile (Alabama) influence également les exportations et donc le solde commercial de la région : Montoir-de-Bretagne est désormais un hub incontournable dans la logistique internationale du groupe Airbus.

Quelques précautions avant d’analyser les données du commerce international des Pays de la Loire

Les données sur les importations et les exportations publiées par la Direction générale des douanes et droits indirects, à l’échelle de la région, doivent être interprétées avec précaution pour plusieurs raisons.

  1. Elles portent indifféremment sur des biens d’équipements ou de consommation (consommation finale) et des biens intermédiaires destinés à être réintroduits dans un processus de production.
    Conséquence de la fragmentation des processus de production à l’échelle internationale, les échanges de biens intermédiaires représentent désormais environ la moitié de l’ensemble des échanges commerciaux de la France. Le contenu en importations des exportations augmente au fur et à mesure de l’internationalisation de l’économie et notamment de la croissance des échanges intragroupes.
    En Pays de la Loire, une très large part des échanges du secteur aéronautique s’inscrit dans le cadre d’un processus de fabrication coordonné à l’échelle européenne voire mondiale notamment  entre les unités de production du groupe Airbus et ses fournisseurs et sous-traitants. Les tronçons d’avions produits dans les usines Airbus de Nantes et Saint-Nazaire sont envoyés à Hambourg ou Toulouse pour assemblage final. Dans ce dernier cas, les flux domestiques n’apparaissent pas dans les chiffres régionaux du commerce international.
  2. Les échanges sont décrits au lieu de destination ou au lieu de départ des marchandises, qui peut respectivement différer des lieux de consommation finale ou de production.
  3. Les résultats à l’échelle régionale dépendent non seulement des caractéristiques de la demande régionale et du tissu productif local mais aussi de la localisation géographique de la région (présence d’un port, région frontalière) ou de choix logistiques des entreprises (plateforme de distribution). Exemple : si le terminal de Montoir réceptionne à lui seul une grande partie des importations françaises d’aliments pour le bétail, il approvisionne tout l’ouest de la France et, plus largement, le territoire national.

Le solde commercial régional ne peut donc pas être interprété sans tenir compte de l’ensemble de ces éléments. Un déficit commercial n’est donc pas systématiquement lié à des performances médiocres des entreprises locales à l’international.