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La pénurie de semi-conducteurs

La pénurie de semi-conducteurs
Date de mise à jour : Décembre 2021

Une région impactée par la pénurie de semi-conducteurs

439 milliards de $
marché mondial

des semi-conducteurs en 2020

+40 %
en 10 ans

Ventes mondiales de semi-conducteurs

+23 %
d’effectifs numériques

entre 2014 et 2018, en Pays de la Loire

À la fois conducteurs et isolants électriques, les semi-conducteurs sont nécessaires à l’industrie pour la conception d’objets comportant de l’électronique tels que des téléphones, consoles de jeu, voitures ou encore la cryptomonnaie…

Néanmoins, depuis fin 2020, le secteur traverse une pénurie dont les impacts se propagent sur l’ensemble de la filière.

Une trentaine de causes ont rompu les flux d’approvisionnement…

Dans un marché en expansion (5 G, transitions énergétique & digitale, IoT…), les confinements dus au Covid 19 ont bloqué un système globalisé qui repose sur une concentration de la production des
composants en Asie. Le prix des semi-conducteurs a ainsi grimpé de plus de 80 %.
Plus de 30 causes interdépendantes ont ainsi rompu les flux d’approvisionnement : tensions géopolitiques, sècheresse à Taiwan, fermetures d’usines au Vietnam et du canal de Suez…

… Avec de nombreuses incidences pour les entreprises

Pour les fabricants de semi-composants

  1. Prise de conscience de la place des semi-conducteurs dans la chaîne de valeur
  2. Capacités de production actuelles insuffisantes
  3. Priorisation des clients selon le volume de commandes, prix d’achat et engagement dans la durée

Pour les acheteurs de semi-composants

  1. Perte de visibilité sur les délais et prix
  2. Arrêt de production
  3. Problème de trésorerie
  4. Tension RH
  5. Chômage partiel
  6. Réingénierie frugale
  7. Pénurie de stockage

Un secteur automobile, fortement freiné

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Entre chômage partiel, voire fermeture d’usine, la crise des semi-conducteurs commence à peser lourd sur le secteur de l’automobile. D’après l’estimation du cabinet d’études AlixPartners, le manque à gagner pour ce dernier pourrait atteindre 61 milliards de dollars cette année.

Un rapport de force qui s’est inversé :
Au début de la pandémie de la Covid-19, le marché de l’automobile a été fortement freiné. Les ventes ayant baissé, les constructeurs automobiles ont annulé les commandes auprès des équipementiers. Ces derniers ont à leur tour répercuté ces baisses au niveau des fabricants de semi-conducteurs. Pendant ce temps, les fonderies avaient alloué leurs capacités de production à des secteurs en croissance (ordinateurs portables). Aujourd’hui, l’automobile n’est plus considéré comme prioritaire par les fabricants de semi-conducteurs.

De nombreux constructeurs automobiles (PSA, General Motors, Stellantis Toyota, Hyundai, Nissan, Renault, Volkswagen, Honda sont désormais contraints de stopper ou de freiner leur production alors que les carnets de commandes sont pleins.

À Angers, le constructeur de poids lourds, Scania, par exemple, a dû stopper sa production pendant une semaine, début septembre, en raison de la pénurie. L’équipementier Valeo Vision a mis en place un dispositif de chômage partiel, exprimant un manque de pièces détachées et une baisse des commandes

« La Région Pays de la Loire est le territoire historique de l’électronique, il est important de soutenir les PME et start-up de la filière pour préserver l’emploi. »
Nateo Santé, fabricant de purificateurs d’air professionnels

Quelles perspectives ?

Alors qu’une sortie de crise n’est désormais prévue que pour 2023 voire 2024 les pistes évoquées pour sécuriser les approvisionnements son :

  • réinvestir sur des technologies de souveraineté européenne
  • construire des coopérations verticales dans les filières
  • concevoir des fonctions électroniques frugales en composants
  • creuser la piste du réemploi de composants

Ces pistes à moyen long terme pourront bénéficier aux entreprises qui auront passé la crise actuelle par une aide sur :

  • le maintien des compétences, pendant les périodes de chômage partiel
  • la formation d’électroniciens
  • la trésorerie, pour engager des commandes et attendre le paiement des clients impactés par la pénurie