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Les dernières tendances économiques

Les dernières tendances économiques
Date de mise à jour : juin 2022 Nouvelles données prévues : octobre 2022

Quelques mois après le choc de la pandémie de covid,

La croissance mondiale soumise à celui de la guerre en Ukraine

Après une baisse historique de 3,8 % en 2020, le PIB mondial est nettement reparti à la hausse en 2021, porté par une économie américaine spécialement dynamique. En 2022, la croissance pourrait rester soutenue, grâce notamment à un effet de comparaison favorable avec une année 2021, émaillée de périodes de restriction. Pour autant, les effets de la guerre en Ukraine impactent déjà l’économie mondiale et continueront de la bouleverser, en particulier si le conflit en Ukraine se prolonge.

Dans ce contexte extrêmement chamboulé, les prévisions s’avèrent particulièrement délicates à réaliser parce qu’elles dépendent de facteurs qui ne relèvent pas d’une analyse économique traditionnelle, mais de la situation militaire en Ukraine ou de sanctions économiques à l’encontre de la Russie.

Evolution de la croissance mondiale, en % de la variation annuelle en volume

Estimations et prévisions Xerfi (dernière mise à jour le 12/05/2022) / Source : Feri

L’économie mondiale est désormais dominée par de lourdes pressions inflationnistes

Depuis le printemps 2021 et la forte croissance de la demande mondiale, les pressions sur l’offre sont élevées et poussent les prix à la hausse. Trois zones de tension sont identifiées depuis 2021.

  • La crise du covid a largement entravé l’activité des entreprises et la bonne marche du commerce mondial. Le trafic des porte-conteneurs a ainsi été totalement perturbé entre autres par la fermeture de quelques ports incontournables. Dès lors, avec l’apaisement de la pandémie et la reprise de l’activité, les trafics de marchandises comme de matières premières ont été limités et le prix du fret par conteneur a explosé : multiplié par 4 en moyenne en 2021.
  • Bien avant la guerre en Ukraine, le prix du gaz naturel s’inscrivait déjà en forte hausse en particulier parce que la Russie limitait déjà ses livraisons. De la même manière, les prix du pétrole étaient aussi en progression du fait d’un contingentement de l’offre de la part des pays de l’Opep et de la Russie. Enfin en 2021, les prix non réglementés de l’électricité en Europe avaient été multipliés par 3.
  • Un début de crise agricole liée à de mauvaises récoltes en particulier au Canada, grand producteur de blé dur, de colza. Mais plus encore, c’est la forte demande chinoise qui a largement pesé sur les cours des produits agricoles : les importations chinoises de céréales sont passées, entre 2019 et 2021, de 17 à 65 millions de tonnes soit une hausse de 282 %.

Bien avant la guerre en Ukraine, les prix étaient donc déjà à la hausse. Cependant, un large consensus d’experts misait sur le fait que l’inflation n’aurait pas besoin de l’action restrictive des banques centrales pour retrouver, dès 2022, le faible niveau qui la caractérise depuis 25 ans. La guerre en Ukraine est venue rebattre ces cartes.

Une inflation croissante en France qui pourrait se diffuser à l’ensemble de l’économie…

Sur un an, en France, en 2022, les prix à la consommation augmentent de 4,5 % en mars, 4,8 % en avril et de 5,2 % en mai. Cette hausse marquée de l’inflation résulte de l’accélération des prix de l’énergie (+28,0 %) et des produits d’alimentation (+4,2 %). A ce jour, les prix des services et des biens manufacturés progressent plus modérément. Pour autant, si l’inflation se renforce, alors ses effets néfastes se diffuseront plus largement dans l’économie. En effet, si les prix des services et des autres produits manufacturés n’augmentent pas trop aujourd’hui, les entreprises qui produisent ces biens et services subissent la hausse de l’énergie, des matières premières et donc vont devoir remonter leur prix de vente pour restaurer leur marge. L’inflation peut ainsi se diffuser petit à petit dans l’ensemble des secteurs de l’économie.

Indice des prix à la consommation

Evolution en glissement annuel en %

Source : Insee

Mai 2022 : Indices des prix à la consommation

Évolutions annuelles par type de Biens et Services

Source : Insee

… Et exacerbée par la dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar

La flambée des prix des produits énergétiques a relancé la question de la valeur de l’euro. En effet, comme les produits énergétiques sont achetés en dollars, quand la valeur de l’euro se déprécie vis-à-vis du dollar, la facture énergétique s’alourdit en zone euro. Or, le taux de change de l’euro vis-à-vis du dollar s’est progressivement déprécié depuis un an, passant de 1,22 $ en janvier 2021 à 1,07 $ fin mai 2022. 

Une fois encore la guerre en Ukraine a impacté l’Europe : elle a affaibli notre devise car notre économie est beaucoup plus exposée à la Russie que les Etats-Unis. De plus, en périodes troublées, le dollar est une valeur refuge privilégiée par les investisseurs. Enfin et jusqu’à présent, la BCE n’a pas encore trop relevé ses taux comparativement à la Fed, les investisseurs préfèrent alors placer leurs avoirs en dollars où les taux sont plus rémunérateurs.

Le cours euro/dollar
(US $ pour 1 €)

Source : Insee

Au final, le PIB français recule de 0,2 % au 1er trimestre 2022

En France, depuis le milieu de l’année 2021, la confiance des ménages se dégrade. Le déclenchement de la guerre en Ukraine a largement aggravé cette tendance car le conflit accroît la crainte d’une inflation croissante, en particulier des prix de l’énergie déjà en hausse depuis plusieurs mois. Dans ce contexte dégradé, la consommation des ménages est en net recul au 1er trimestre : -1,5 % par rapport au trimestre précédent.

L’investissement des entreprises se stabilise malgré ce climat délétère : +0,6 % par rapport au trimestre précédent. En effet, la digitalisation croissante de l’économie pousse les entreprises à l’acquisition de logiciels et autres solutions immatérielles. De la même manière, la demande de machines ou de matériel de transport dispose d’un potentiel de développement, expliqué par les besoins de renouvellement du parc.

Au final, selon les estimations de Xerfi, la croissance du PIB pourrait quand même atteindre 2,9 % en 2022 en France.

Produit intérieur brut – Volume aux prix de l’année précédente chaînés – Série CVS-CJO en milliards d’euros

Source : Insee

En Pays de la Loire, l’emploi salarié progresse…

Au 4e trimestre 2021, l’emploi progresse de 3,0 % sur un an. La partie nord de la région est un peu moins dynamique que celle située au sud.

Sur un an, tous les secteurs d’activité gagnent des salariés en Pays de la Loire :

• Une petite progression de l’emploi dans l’industrie : +1,0 %

• Un belle augmentation de l’emploi dans la construction : +3,1 %

• Une nette reprise des créations d’emploi dans le tertiaire marchand : +5,5 % grâce notamment à l’intérim (+14,5 %)

• Une quasi-stagnation de l’emploi dans le tertiaire non-marchand : +0,3 %

En Pays de la Loire, l’emploi salarié progresse et dépasse son niveau d’avant-crise dans tous les secteurs sauf dans l’industrie où la perte tourne autour de 660 salariés depuis 2019.

Nombre de salariés au 4e trimestre 2021 et évolution annuelle dans les départements des Pays de la Loire

Source : Insee, secteurs privé et public

… et le chômage recule

Les Pays de la Loire affichent des taux de chômage variables qui reflètent des dynamiques démographiques et économiques très diverses. Les zones d’emploi où les taux de chômage sont faibles subissent des pénuries de main-d’œuvre récurrentes. Celles où ils sont plus élevés connaissent fréquemment des difficultés liées à l’employabilité des habitants. En Pays de la Loire, le taux de chômage est faible : 6,0 % au 4e  trimestre 2021, 2e région au taux le plus bas derrière la Bretagne (5,8 %).

Le taux de chômage dans les zones d’emploi des Pays de la Loire
4e trimestre 2021, en % de la population active

Source : Insee

11 199
entreprises créées

au 1er trimestre 2022

6,0 %
taux de chômage

au 4e trimestre 2021

+3,0 %
hausse du nombre de salariés

au 4e trimestre 2021